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Conférences données le mercredi 22 mars 2017 de 14h à 21h à l’Auditorium de la HEAR Strasbourg.
Cycle de conférences Les terrains de l’exposition
Mars 2017
La critique des modes d’écriture ethnographiques (James Clifford, 1988) et la fièvre de l’archive sont désormais des faits d’époque, tout comme l’affirmation d’un modèle de l’artiste en ethnographe (Hal Foster, 1995). Avec Christiane Geoffroy, Michel Aubry et Lidwine Prolonge qui chacun prennent différemment le costume de l’ethnographe, on reviendra sur leurs manières de donner accès, via l’exposition, au travail de terrain. Avec le film de Joachim Olender, on questionnera plus largement la topique de l’exposition artistique, mais aussi sa pragmatique : selon que l’exposition se loge dans un espace public ou dans un espace privé, le statut et les usages de l’exposition ne seront pas identiques. Débordant le champ de l’art, Christian Besson se demandera comment l’exposition, geste ou dispositif, peut être envisagée dans l’espace des pratiques sociales non artistiques et, par là-même, constituer un objet d’étude anthropologique.
14h – Présentation de la journée par Nicolas Fourgeaud
14h15 – Entretien avec l’artiste Christiane Geoffroy: D’une résidence aux îles Kerguelen Où il sera notamment question d’un travail d’enquête et d’observation aux îles Kerguelen, d’objectivité ethnographique, d’écriture, de modèles fictionnels, de James Clifford, de Donna Haraway, de dioramas et autres dispositifs d’exposition dédiés à l’exposition des non-humains, d’impérialisme, de culte de la nature sauvage et de diverses autres choses.
15h15 – Michel Aubry: Tatline mis en musique « Après s’être enrôlé dans l’art par amour pour la cornemuse et en avoir tenté l’inventaire avec son film inachevé Situation des instruments (1982), Aubry s’éprend d’un autre instrument à vent : les launeddas. Ancestrale clarinette sarde faite de trois cannes de roseau munies d’anches simples – la plus longue servant de bourdon, les deux courtes de tuyaux mélodiques – les launeddas sont d’une simplicité parfaite. […] Fondé sur un apprentissage oral et une production autonome, l’instrument échappe au contrôle de programmes écrits. […] – en plus d’être musical, l’intérêt de l’artiste serait aussi pédagogique : comment transmettre un “modèle évolutif” tout en le gardant secret ? Par quelques articles spécialisés et un film intitulé Is Launeddas (1992-1999), Aubry documentera en ethnomusicologue sérieux la construction, le jeu et la transmission de l’instrument. » (Extrait de Hélène Meisel, « Le maître étalon. Michel Aubry ou comment faire chanter les avant-gardes exemplaires » in Les Cahiers du Musée national d’art moderne, printemps 2014, n° 127).
16h30 – Lidwine Prolonge: Something Must Be Wrong at the Asylum for the Normal. À partir d’une oeuvre, Villa Cyrnos, présentée à la Villa Arson en 2015, portant sur la période peu explorée d’un point de vue historique où l’école d’art était la « clinique Cyrnos » (1927-1964), nous remettrons en circulation archives (réelles ou fabriquées), récits (dont un texte de Thomas Clerc écrit spécifiquement pour l’exposition) et quelques preuves. Il s’agira de raconter comment s’est construite cette exposition de la fiction d’une institution dans une autre institution, sur les mêmes lieux, sur les lieux mêmes – il est peut-être toujours question de crime –, et de poursuivre sa fonction rumorale.17h30 – Christian BessonMontrer/occulter, toucher/ne pas toucher. Le cas des reliques. Cet exposé s’inscrit dans une recherche qui entend explorer ce que pourrait être une « anthropologie de la montre ». Une telle anthropologie suppose de suspendre le jugement esthétique lié à la notion d’exposition et, hors de tout ethnocentrisme, de s’aventurer sur le terrain comparatiste des phénomènes de monstration. L’anthropologie touche aux rites, aux croyances et aux institutions attachées à la naissance et à la mort, à la sexualité et aux systèmes matrimoniaux, à la nourriture, la chasse, la pêche ou l’agriculture, au commerce et à la guerre… Nous n’examinerons ici que des phénomènes liés à la mort et à ce qui reste et se transmet du cadavre : la dépouille et ses reliques. Un terrain ou s’entrecroisent deux couples d’oppositions : montrer vs occulter, et toucher vs ne pas toucher.19h – Projection du film de Joachim OlenderLa Collection qui n’existait pas La Collection qui n’existait pas, 2014, 53 min, en présence du réalisateur.

  • Titre :Les terrains de l’exposition
  • Date :2017
  • Cote :C2017-TER2
  • Code barre :23051029
  • Auteur(s) :Fourgeaud Nicolas
  • Type :Conférences